La peintre enfant

Et puis le vent s’engouffra dans sa chevelure fine accrochant des éclats de diamant aux longues caresses de ses cils.

Elle s’était baladée longtemps chevauchant sans vergogne un rayon de lune aux accents de printemps, elle avait parcouru sans pudeur tous les ventres de la terre et leurs cœurs pour entendre chanter tous ces oh! tous ces ah!, toutes ces onomatopées, ces chants de douceur à peine prononcés, puis elle s’était baignée dans le noir frais des arbres écoutant ravie, le hululement des oiseaux de nuit.

Coquine comme il se doit, d’un coup de vent elle avait fait frémir toute ses plumes, ses ramages, réveillant moqueuse, ces nombreux endormis.

Et vint le temps de revenir sage, alors elle s’assit dans un pré, s’humecta les lèvres d’un peu de rosée, joua un instant à regarder les perles d’eau couler le long de sa main finement levée.
Elle permit à la peintre, qui de l’autre coté du tableau la regardait fascinée, de capter sa lumière, un peu de la croquer et quand le vent s’engouffra dans sa chevelure fine elle éclata de rire, secoua la tête un bref instant, admit aux diamants de quitter le cours du temps pour se poser nonchalamment sur le bord des paupières de la peintre enfant.

Jean-Sylvestre THEPENIER

Si vous avez aimé cet article, partagez-le avec vos amis à l'aide des boutons ci-dessous :

Facebook Twitter Google Plus
[jetpack-related-posts]

Laissez un message

*