Boris Vian (1920-1959)

Boris Vian, né le 10 mars 1920 à Ville-d’Avray

et mort le 23 juin 1959 à Paris.

Les étangs de Ville d’Avray

Il est écrivain français, poète, parolier, chanteur, critique

et musicien de jazz, directeur artistique.

Voir sa biographie en fin d’article

Ses poésies :

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La Java des Bombes Atomiques

Interprété par SANSEVERINO

Mon oncle un fameux bricoleur
Faisait en amateur des bombes atomiques
Sans avoir jamais rien appris
C’était un vrai génie, question travaux pratiques
Il s’enfermait toute la journée
Au fond d’son atelier pour faire des expériences
Et le soir il rentrait chez nous
Et nous mettait en transe en nous racontant tout

 

« Pour fabriquer une bombe « A »
Mes enfants, croyez-moi, c’est vraiment de la tarte.
La question du détonateur
S’résout en un quart d’heure, c’est de celles qu’on
écarte.
En c’qui concerne la bombe « H »
C’est pas beaucoup plus vache, mais une chose me tourmente
C’est qu’celles de ma fabrication
N’ont qu’un rayon d’action de trois mètres cinquante.
Y’a quéqu’chose qui cloche là-d’dans, j’y retourne
immédiat’ment. »

 

Il a bossé pendant des jours
Tâchant avec amour d’améliorer l’modèle
Quand il déjeunait avec nous
Il avalait d’un coup sa soupe au vermicelle
On voyait à son air féroce
Qu’il tombait’sur un os, mais on n’osait rien dire
Et pis un soir pendant l’repas
V’là tonton qui soupire et qui s’écrie comme ça

 

« À mesure que je deviens vieux
Je m’en aperçois mieux, j’ai le cerveau qui flanche.
Soyons sérieux, disons le mot.
C’est même plus un cerveau, c’est comme de la sauce
blanche.
Voilà des mois et des années
Que j’essaye d’augmenter la portée de ma bombe
Et je n’me suis pas rendu compte
Que la seule chose qui compte, c’est l’endroit où s’qu’elle
tombe.
Y’a quéqu’chose qui cloche là-d’dans, j’y retourne
immédiat’ment. »

 

Sachant proche le résultat
Tous les grands chefs d’Etat lui ont rendu visite
Il les reçut et s’excusa de ce que sa cagna était aussi
petite
Mais sitôt qu’ils sont tous entrés
Il les a enfermés en disant « soyez sages »
Et, quand la bombe a explosé
De tous ces personnages, il n’en est rien resté

 

Tonton devant ce résultat, ne se dégonfla pas et joua les
andouilles
Au Tribunal on l’a traîné et devant les jurés, le voilà
qui bafouille
« Messieurs c’est un hasard affreux
Mais je jure devant Dieu, en mon âme et conscience
Qu’en détruisant tous ces tordus
Je suis bien convaincu d’avoir servi la France. »
On était dans l’embarras
Alors on l’condamna et puis on l’amnistia
Et l’pays reconnaissant
L’élut immédiat’ment chef du gouvernement

Boris Vian – Henri Salvador

L’une de ses nombreuses citations

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Coucher ensemble, quand on s’aime, eh bien, il n’y a rien de mieux !…
Boris Vian ; Rue des Ravissantes (1989) 

Le Temps de vivre

Il a dévalé la colline
Ses pas faisaient rouler les pierres
Là-haut entre les quatre murs
La sirène chantait sans joie
Il respirait l’odeur des arbres
Avec son corps comme une forge
La lumière l’accompagnait
Et lui faisait danser son ombre
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il sautait à travers les herbes
Il a cueilli deux feuilles jaunes
Gorgées de sève et de soleil
Les canons d’acier bleu crachaient
De courtes flammes de feu sec
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il est arrivé près de l’eau

Il y a plongé son visage
Il riait de joie il a bu
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Il s’est relevé pour sauter
Pourvu qu’ils me laissent le temps
Une abeille de cuivre chaud
L’a foudroyé sur l’autre rive
Le sang et l’eau se sont mêlés

Il avait eu le temps de voir
Le temps de boire à ce ruisseau
Le temps de porter à sa bouche
Deux feuilles gorgées de soleil
Le temps d’atteindre l’autre rive
Le temps de rire aux assassins
Le temps de courir vers la femme
Il avait eu le temps de vivre.

ARPEGES

Boris Vian – J. Walter – A. Devernoix

Boris Vian

Source : http://www.toupie.org

« Boris Vian entre à l’École centrale de Paris en 1939. A l’issue de ses études, il travaille, jusqu’en 1946, comme ingénieur à l’AFNOR (Association française de normalisation). Durant ses loisirs, il écrit et joue de la musique de jazz tout en fréquentant les cafés de Saint-Germain-des-Prés.

Boris Vian publie des romans, noirs et sarcastiques, qui lui permettent de vivre, sous le pseudonyme de Vernon Sullivan. Le plus célèbre et controversé est « J’irai cracher sur vos tombes », écrit en 1946 qui traite du racisme, de la violence et de la sexualité. Les œuvres écrites sous son vrai nom rencontrent moins de succès, bien que Boris Vian les considère comme plus importantes sur le plan littéraire. L’échec de « L’Arrache-cœur » le convainc d’abandonner la littérature.

Boris Vian est un passionné de jazz et joue de la trompette de poche dans un club de Saint-Germain-des-Prés. Il est également directeur artistique chez Philips et chroniqueur dans Jazz Hot. Il s’intéresse à la « Pataphysique » sous l’influence d’Alfred Jarry (1873-1907). Après son divorce, il vit difficilement de traductions et habite une chambre de bonne avant de se remarier en 1954.

Boris Vian compose aussi de nombreuses chansons notamment pour Serge Reggiani ou Juliette Gréco, écrit des nouvelles, des pièces de théâtre ou des poèmes. Il s’essaie au théâtre et joue dans quelques films. « 

 Le déserteur

La plus célèbre des chansons de Boris Vian fut aussi interprétée par

Mouloudji, Serge Reggiani, Richard Anthony, Claude Vinci, Leny Escudero.

Ecrit à la fin de la guerre d’Indochine et juste avant le début de celle d’Algérie, « Le Déserteur » fut interdit la radio

dans sa version initiale dont le dernier couplet se terminait par :

Monsieur le président.
Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer

Monsieur le président
Je vous fais une lettre
Que vous lirez peut-être
Si vous avez le temps.
Je viens de recevoir
Mes papiers militaires
Pour partir à la guerre
Avant mercredi soir.
Monsieur le président
Je ne veux pas la faire
Je ne suis pas sur Terre
Pour tuer des pauvres gens.
C’est pas pour vous fâcher,
Il faut que je vous dise,
Ma décision est prise,
Je m’en vais déserter.
Depuis que je suis né,
J’ai vu mourir mon père,
J’ai vu partir mes frères
Et pleurer mes enfants.
Ma mère a tant souffert
Qu’elle est dedans sa tombe
Et se moque des bombes
Et se moque des vers.
Quand j’étais prisonnier,
On m’a volé ma femme,
On m’a volé mon âme,
Et tout mon cher passé.
Demain de bon matin
Je fermerai ma porte
Au nez des années mortes,
J’irai sur les chemins.
Je mendierai ma vie
Sur les routes de France,
De Bretagne en Provence
Et je crierai aux gens :
« Refusez d’obéir,
Refusez de la faire,
N’allez pas à la guerre,
Refusez de partir. »
S’il faut donner son sang,
Allez donner le vôtre,
Vous êtes bon apôtre
Monsieur le président.
Si vous me poursuivez,
Prévenez vos gendarmes
Que je n’aurai pas d’armes
Et qu’ils pourront tirer.

Paroles : de Boris Vian
Musique : Harold Berg

L’écrivain

Ses principales œuvres

Les Cent sonnets (1941-1944)
J’irai cracher sur vos tombes (1946)
L’écume des jours (1947, roman)
Cantilènes en gelée (1950)
L’herbe rouge (1950)
Vercoquin et le Plancton (1946,
l’Automne à Pékin (1947)
Les morts ont tous la même peau (1948, roman)
Et on tuera tous les affreux (1948, roman)
Celles se rendent pas compte (1950, roman)

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Biographie

https://fr.wikipedia.org

Boris Vian, né le  à Ville-d’Avray (Seine-et-Oise, aujourd’hui Hauts-de-Seine) et mort le  à Paris (7e arrondissement), est un écrivainfrançaispoèteparolierchanteur, critique et musiciende jazz (trompettiste), directeur artistique. Ingénieur de l’École centrale Paris, il est aussi scénaristetraducteur (anglo-américain), conférencier, acteur et peintre.

Sous le pseudonyme de Vernon Sullivan, il a publié plusieurs romans dans le style américain parmi lesquels J’irai cracher sur vos tombes qui a fait scandale et qui lui a valu un procès retentissant. Si les écrits de Vernon Sullivan lui ont attiré beaucoup d’ennuis avec la justice et le fisc, ils l’ont momentanément enrichi à tel point qu’il pouvait dire que Vernon Sullivan faisait vivre Boris Vian. Il a souvent utilisé d’autres pseudonymes, parfois sous la forme d’une anagramme, pour signer une multitude d’écrits.

Boris Vian a abordé à peu près tous les genres littéraires : poésie, document, chroniques, nouvelles. Il a aussi produit des pièces de théâtre et des scénarios pour le cinéma. Son œuvre est une mine dans laquelle on continue encore de découvrir de nouveaux manuscrits au xxie siècle. Toutefois, sa bibliographie reste très difficile à dater avec précision, lui-même ne datant pas toujours ses manuscrits. Ainsi, Noël Arnaud dans les Vies parallèles de Boris Vian, et Claude J. Rameil qui ont fait des recherches très poussées, ne donnent pas les mêmes dates que les proches de l’auteur sur l’année de publication de certaines œuvres, notamment les Cent sonnets.

Il est également l’auteur de peintures, de dessins et de croquis, exposés pour la première fois à l’annexe de la NRF en 1946. Une exposition à la Bibliothèque Nationale de France lui a été consacrée en 2011-2012.

Pendant quinze ans, il a aussi milité en faveur du jazz, qu’il a commencé à pratiquer dès 1937 au Hot Club de France. Ses chroniques, parues dans des journaux comme CombatJazz-hotArts, ont été rassemblées en 1982 : Écrits sur le jazz. Il a aussi créé quarante-huit émissions radiophoniques Jazz in Paris, dont les textes, en anglais et en français, étaient destinés à une radio new-yorkaise et dont les manuscrits ont été rassemblés en édition bilingue en 1996.

Son œuvre littéraire, peu appréciée de son vivant, a été saluée par la jeunesse dès les années 1960-1970. L’Écume des jours en particulier, avec ses jeux de mots et ses personnages à clef, a fait de lui un véritable mythe. Il est désormais un classique qu’on étudie dans les collèges et les lycées.

« Si, au cours de sa brève existence, il a multiplié les activités les plus diverses, son nom s’inscrit aujourd’hui parmi les plus significatifs de la littérature française1. »

Boris Vian, réputé pessimiste, adorait l’absurde, la fête et le jeu. Il est l’inventeur de mots et de systèmes parmi lesquels figurent des machines imaginaires et des mots devenus courants de nos jours. Mais il a également élaboré des projets d’inventions véritables lorsqu’il était élève ingénieur à l’École centrale Paris. La machine imaginaire la plus célèbre est restée le pianocktailnote 1, instrument destiné à faire des boissons tout en se laissant porter par la musiquenote 2.

De santé fragile, surprotégé par sa mère, et par les médecins, il ne s’est jamais ménagé, comme s’il était pressé d’entreprendre toutes les activités possibles, avec le sentiment de la mort qui rôdait autour de lui :

« L’œuvre immense laissée de son vivant, et celle qu’il nous laisse [après sa mort], montrent qu’il écrivait vite, et regorgeait d’idées; on doit ajouter qu’il travaillait dix-huit heures par jour, qu’il dormait peu et que ses vingt ans d’activité comptent double. Il a vécu plus vite et plus longtemps qu’aucun d’entre nous – Noël Arnaudnote 3 »

Il meurt en effet à 39 ans en 1959 d’un arrêt cardiaque, lors de la projection de l’adaptation cinématographique de son livre J’irai cracher sur vos tombes. Adepte d’Alfred Jarry et d’une certaine forme de surréalisme, son adhésion au Collège de ‘Pataphysique, fait de lui un Satrape auquel le collège rend hommage en annonçant la mort apparente du « Transcendant Satrape. »

Josette Jouet

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